
À N’Djaména, la troisième édition du Festival Au Cœur de l’Art s’est achevée à Bakara, dans la banlieue de la capitale tchadienne, avec une ambition affirmée : faire de l’art un levier d’émancipation pour la jeunesse.
Pendant plusieurs jours, artistes confirmés et jeunes talents se sont réunis autour du thème « Reimaginer l’éducation », dans un événement porté par l’association Au Nom de l’Art.
Parmi les invités phares, le chanteur lyrique camerounais Greg Belobo, lauréat de plusieurs distinctions en Europe, est venu partager son expérience et son savoir-faire avec les jeunes du Camp 500, l’un des temps forts du festival.
Fondé par le chanteur et directeur artistique Célestin Mawndoé, le rendez-vous culturel rassemble depuis trois ans des artistes internationaux et de jeunes Tchadiens autour d’une même conviction : l’art peut ouvrir des perspectives concrètes. C’est tellement important parce que ça représente aussi l’avenir. On a envie de proposer à une nouvelle génération de se dire : il est possible de vivre de l’art ici (…) Et surtout, ils ont tellement de talent, souligne Célestin Mawndoé, chanteur et directeur du Festival Au Cœur de l’Art.
Cette année, plus de 500 jeunes ont bénéficié de formations artistiques, tandis qu’un millier d’enfants issus des quartiers défavorisés de Bakara ont participé à des ateliers organisés en partenariat avec l’UNICEF.
Pour le concert de clôture, Célestin Mawndoé a réuni plusieurs figures montantes de la scène tchadienne, parmi lesquelles Pulcherie. Née au Cameroun de parents tchadiens, la chanteuse mêle RnB, afro-soul et afrobeat dans une musique engagée, portée par les voix et les aspirations des femmes africaines. Sa participation au festival symbolise pour elle un retour revendiqué à ses racines.
« Le festival m’a permis de découvrir un nouveau type de public (…) Moi, j’aimerais vraiment que le peuple tchadien me connaisse en tant qu’amoureuse de la musique tchadienne. » Le public a également vibré au rythme de KaeZy, de son vrai nom Djekadom Netombaye Junior, devenu l’un des artistes tchadiens les plus suivis sur les réseaux sociaux. Son morceau « Ato Bane Wa », interprété en ngambaye et devenu viral sur TikTok en 2025, s’est imposé comme un hymne à la fierté nationale et à la persévérance.
Au-delà du festival, l’initiative se poursuivra tout au long de l’année dans l’espace permanent Au Nom de l’Art, à Bakara, conçu comme un véritable incubateur culturel pour accompagner les talents de demain. Prochain rendez-vous : 2027, pour une nouvelle édition placée sous le signe de la créativité et de la transmission.
Source : africanews