
Les réseaux de trafic de carburants occasionneraient près de 7 milliards de dollars de pertes annuelles à la Libye, selon une alerte de l’ONU au Conseil de sécurité.
Entre 30% et 50% des importations de carburants de la Libye seraient détournées par des réseaux de contrebande, a alerté Hanna Tetteh, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, devant le Conseil de sécurité. Ces trafics alimentent notamment des circuits de revente dans les pays voisins et en Europe.
Le carburant subventionné est acheminé clandestinement vers plusieurs destinations, dont le Soudan, le Tchad, le Niger, l’Italie et la Turquie. Les réseaux utilisent des pipelines, des navires et des camions-citernes pour organiser ces opérations.
Le système de subventions favorise cette activité. Le prix du carburant à la pompe, particulièrement bas en Libye, crée un écart important avec les tarifs internationaux, rendant sa revente lucrative pour les trafiquants et les groupes armés impliqués.
Selon Hanna Tetteh, ces détournements entraînent des pertes financières considérables pour l’État et privent la population de produits pourtant subventionnés. Ils contribuent également aux pénuries qui affectent les citoyens et les institutions essentielles.
La situation fragilise davantage les finances publiques, alors que les autorités peinent à honorer leurs obligations. En septembre, des enseignants du secteur public ont manifesté pendant plusieurs semaines pour réclamer le paiement d’arriérés de salaires.
La Libye demeure confrontée à une profonde instabilité depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux exécutifs rivaux se disputent le pouvoir : le gouvernement dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU, et les autorités de l’Est, soutenues par le maréchal Khalifa Haftar. Cette fragmentation institutionnelle complique la lutte contre les réseaux de contrebande et la maîtrise des ressources énergétiques.
Soucre : apanews