Côte d’Ivoire : l’Abissa 2026 officiellement lancé

La cour royale de Grand-Bassam, située au quartier France, a vibré au rythme de la tradition n’zima kôtôkô, le samedi 29 août 2026. C’est dans une atmosphère chaleureuse et sous un ciel clément que s’est tenue la cérémonie officielle de lancement de l’Abissa 2026, l’un des rendez-vous culturels majeurs du peuple n’zima kôtôkô de Côte d’Ivoire.

Bien plus qu’une simple fête populaire, l’Abissa constitue un rite ancestral profondément ancré dans la culture n’zima. Il est notamment associé au pardon, à la réconciliation, à la correction des comportements et au renforcement du vivre-ensemble.

La cérémonie s’est déroulée en présence de Sa Majesté Awoulaé Amon Tanoé, roi des N’zima Kôtôkô et président de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, de la reine mère, de personnalités politiques, des membres du comité d’organisation, de cadres n’zima de Côte d’Ivoire et du Ghana, ainsi que de nombreux notables, fils et filles de Grand-Bassam. Le célèbre artiste-chanteur Meiway a également pris part à ce moment solennel.

« Demander les nouvelles », un préalable à toute action

Fidèle au protocole traditionnel, la cérémonie a débuté par une étape symbolique : la demande des nouvelles. Chez les N’zima, cette pratique constitue un préalable essentiel avant toute initiative ou activité majeure.

C’est donc après ce moment consacré aux salutations et à la prise des nouvelles que l’annonce officielle du lancement de l’Abissa 2026 a été faite à la cour royale. Plusieurs allocutions ont ensuite marqué la cérémonie.

Prenant la parole, Jean-Baptiste Amichia, président du comité d’organisation de l’Abissa, a insisté sur la dimension identitaire de cette célébration.

« L’Abissa est une tradition vivante, c’est notre vie même. L’Abissa n’est pas qu’une simple célébration. Elle exprime des racines profondes et l’âme du peuple n’zima kôtôkô », a-t-il affirmé.

Poursuivant, il a souligné le caractère dynamique de cette tradition qui permet, au fil des générations, de préserver, de transmettre et de partager les connaissances héritées des sachants et des gardiens de la tradition.

La mairie réaffirme son soutien

Représentant le maire de Grand-Bassam, Mockey Édouard a, pour sa part, salué la vitalité culturelle que représente l’Abissa pour la commune. Il a réaffirmé l’engagement de la municipalité à accompagner cette édition 2026.

« L’Abissa guérit, rassemble et corrige. C’est bien plus qu’une fête, c’est l’expression de notre spiritualité », a-t-il déclaré.

Pour le représentant de la municipalité, la pérennité et le rayonnement de l’Abissa reposent sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs, notamment les autorités traditionnelles, les cadres, les organisateurs et les populations.

« Un creuset de valeurs universelles et de développement durable »

L’édition 2026 de l’Abissa se tiendra du 25 octobre au 8 novembre prochain. Elle sera placée sous le thème : « L’Abissa, un creuset de valeurs universelles et de développement durable ».

À travers ce thème, les organisateurs entendent mettre en lumière la capacité de cette tradition ancestrale à véhiculer des valeurs qui dépassent le cadre de la communauté n’zima, tout en attirant l’attention sur la nécessité de préserver ce patrimoine culturel pour les générations futures.

Le lancement officiel a pris fin dans une ambiance festive avec une prestation des filles de la cour royale. Elles ont exécuté le N’dogbolé, une danse traditionnelle de réjouissance propre au peuple n’zima kôtôkô.

Entre rites, discours et expressions culturelles, le lancement de l’Abissa 2026 a ainsi donné le ton d’une édition placée sous le signe de la transmission, de la cohésion sociale et de la valorisation du patrimoine culturel n’zima.

Source : ivoirematin.com