Côte d’Ivoire / Littérature : Mouhamadou Dosso, la passion des mots comme fil d’une vie

À l’occasion de la récente séance de dédicace de ses ouvrages à Abidjan, l’écrivain Mouhamadou DOSSO nous a ouvert les portes de son univers littéraire à travers un entretien empreint de sincérité. Derrière l’homme que l’on connaît se révèle un passionné de lettres, dont le parcours s’est construit au fil des lectures, de la poésie et d’une fascination précoce pour l’écriture. Une conversation inspirante qui retrace les étapes d’un cheminement intellectuel et créatif, et met en lumière les expériences qui ont façonné son œuvre, aujourd’hui partagée avec les amoureux de la littérature et tous ceux que les livres invitent au voyage.

LGM : L’écriture et vous quelle est l’histoire, la motivation, le déclic ? 

MD : L’écriture est avant tout une histoire de passion. J’y suis arrivé comme beaucoup de jeunes qui découvrent un domaine qui les fascine et dans lequel ils souhaitent apporter leur contribution. C’est un peu comme la musique. Tout commence par une passion, par cette envie de créer, de transmettre et de donner vie à ses idées.

À mes débuts, j’écrivais simplement des poèmes de jeunesse, des poèmes d’amour, inspirés de mes émotions du moment. J’étais encore élève et je découvrais progressivement le monde de la littérature à travers les livres que je lisais.

Les fables et de nombreux autres ouvrages ont nourri mon imagination et m’ont donné envie d’écrire à mon tour. À cette époque, mes idées étaient encore dispersées, mais la passion était déjà bien présente. C’est véritablement pendant mes années universitaires que j’ai décidé de prendre l’écriture au sérieux.

J’ai compris qu’écrire était pour moi un moyen de partager ma vision du monde, de transmettre des connaissances et d’impacter positivement la société. Une œuvre littéraire est, selon moi, un héritage que l’on laisse aux générations présentes et futures.

Durant mes années d’études, je profitais de mon temps libre pour fréquenter différents milieux culturels, notamment l’INSAAC, situé non loin de l’université Felix Houphouët Boigny de Cocody. C’est dans cette période que j’ai commencé à écrire de manière plus régulière. Peu à peu, cette pratique est devenue une véritable discipline.

Que représente cette séance de dédicace pour vous, au-delà de la simple rencontre avec vos lecteurs ? 

La séance de dédicace organisée le samedi 18 juillet 2026 représente bien plus qu’une simple rencontre avec les lecteurs. Elle constitue une étape essentielle dans la promotion de mes œuvres littéraires.

À ce jour, j’ai publié huit ouvrages et une neuvième publication est en préparation, suivie d’autres projets. Mon ambition est de faire connaître mes livres au plus grand nombre à travers des tournées de dédicaces et des rencontres avec le public.

Après plusieurs séances de dédicaces organisées dans des librairies en début d’année 2026, cette cérémonie marque une nouvelle étape : aller directement à la rencontre du grand public et renforcer le lien entre l’auteur et ses lecteurs.

Cette dédicace revêt également une dimension particulière. La précédente grande cérémonie remontait à près de quatre ans. Il était donc important pour moi de renouer avec cet exercice dans des conditions encore plus ambitieuses.

Quel est le message essentiel que vous souhaitez transmettre à travers l’ensemble de vos ouvrages ? 

Merci pour cette question. Il faut dire que dans mes œuvres je véhicule différents messages à savoir la sincérité, la finalité, l’altruisme, la cohésion sociale et le développement inclusif. Je m’efforce d’inviter les jeunes et les populations en générale à être des acteurs de progrès partagés. Je peux me définir comme un écrivain engagé car à la fois que je mène des actions au profit des populations avec mes ONG, et j’écris des histoires pour façonner le comportement des populations.

 Quelle a été votre principale source d’inspiration lors de l’écriture de ces livres ? 

Toutes mes œuvres puisent leur inspiration dans la réalité, les faits de société, l’histoire, les sciences et les expériences humaines. Si mes débuts ont été marqués par de nombreux refus de maisons d’édition et de concours littéraires, faute aussi de moyens financiers, ces échecs sont devenus pour moi une véritable école de persévérance.

Chaque rejet a renforcé ma détermination à écrire davantage et à perfectionner ma plume. Aujourd’hui, je peux achever une pièce de théâtre en un mois, un roman en trois à cinq mois, tout en privilégiant des ouvrages d’une centaine de pages afin d’offrir aux lecteurs des œuvres accessibles et agréables à relire.

Après cette publication, quels sont vos prochains défis ou projets littéraires ?

Je prépare la sortie de ma neuvième œuvre littéraire suivie des séries de dédicaces dans les établissements d’enseignement secondaire et universitaires. J’ai mon émission podcast dénommée « Lire pour grandir, Lire pour diriger et lire pour Inspirer » qui sera diffusée les samedis en quinze sur mes canaux de communication digitale.

Permettez-moi de saisir l’occasion pour exprimer ma profonde gratitude envers les personnalités qui ont soutenu mon parcours littéraire, notamment le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, Touré Faman, l’Honorable Vanly Kanaté et Mme Fatouma Kanaté, ainsi que son mentor, le Professeur Kého Yaya. Leur confiance, leurs conseils et leurs encouragements, ainsi que le soutien du ministre Moussa Sanogo, ont été déterminants dans mon évolution et renforcent ma conviction que le mentorat est essentiel à l’épanouissement et à la réussite de la jeunesse ivoirienne.

Votre mot de fin

Je veux que l’on retienne qu’aujourd’hui, ma mission dépasse la simple publication de livres. Je veux contribuer à former une jeunesse qui lit, qui réfléchit, qui s’engage et qui croit en son potentiel. C’est cette vision qui continue de nourrir chacun de mes projets littéraires ».

Réalisée par Serge EKRA