
Le scénario de l’élimination du Sénégal n’a finalement pas été très éloigné de celui de la Côte d’Ivoire. Ces deux sorties prématurées ont suscité de nombreux commentaires, mêlant analyses lucides et réactions empreintes d’émotion.
Le niveau du football mondial est-il devenu trop élevé pour les sélections africaines, notamment celles du continent ? La question mérite d’être posée et, au regard des faits, beaucoup seraient tentés de répondre par l’affirmative. Le cas de la Côte d’Ivoire en est une parfaite illustration. Le déroulement de la rencontre en dit long.
Après avoir arraché avec courage l’égalisation, les hommes d’Emerse Faé n’ont pas été en mesure de préserver ce précieux résultat. Ils ont finalement été punis par un joueur dont les qualités sont pourtant bien connues, laissé totalement libre de ses mouvements, qui a inscrit le but victorieux pour la Norvège.
À l’issue de la rencontre, de nombreux observateurs ont également pointé du doigt les changements opérés par le sélectionneur, estimant qu’ils n’ont pas permis aux Éléphants de conserver leurs chances.
Le Sénégal, de son côté, a laissé la Belgique revenir de 0-2 à 2-2 avant de concéder un troisième but dans les toutes dernières minutes. Une telle déconvenue traduit un manque de maîtrise, de lucidité et d’expérience dans la gestion des moments décisifs. À ce niveau de compétition, un entraîneur comme ses joueurs doivent être capables de comprendre que chaque erreur se paie au prix fort et que chaque seconde peut faire basculer un match.
C’est précisément là que se fait la différence. Une Coupe du monde se joue dans une autre dimension, où rien ne doit être considéré comme acquis. Le moindre relâchement se paie immédiatement, souvent avec d’immenses regrets. Rester concentré jusqu’au coup de sifflet final est une exigence absolue pour préserver un résultat et poursuivre son parcours dans la compétition.
Les dirigeants, les encadreurs et les joueurs africains gagneraient à faire de cette rigueur une véritable culture. Sans cette exigence, l’Afrique risque de continuer à voir ses ambitions se limiter à de simples participations, où franchir le premier tour sera perçu comme un exploit plutôt que comme une étape normale de son développement. Pourtant, le potentiel est bien réel.
Par Serge EKRA