
En Afrique centrale comme en Côte d’Ivoire, la drépanocytose demeure un véritable enjeu de santé publique. La prévalence du gène responsable de cette maladie héréditaire oscille entre 10 et 30 % au sein des populations. Des chiffres préoccupants qui traduisent l’ampleur du phénomène sur le continent. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu’à 2 % des nouveau-nés naissent avec la forme la plus sévère de la maladie. Faute de diagnostic précoce et d’une prise en charge adéquate, entre 50 et 75 % de ces enfants décèdent avant l’âge de cinq ans.
Avec l’arrivée de la saison des pluies, les inquiétudes grandissent chez les personnes vivant avec la drépanocytose. Entre baisse des températures, humidité persistante et prolifération des moustiques, cette période favorise non seulement les crises drépanocytaires, mais accroît également les risques de paludisme.
Les spécialistes insistent sur l’importance de la prévention durant cette saison particulièrement sensible. Les variations brusques de température, passant de la chaleur à la fraîcheur, constituent en effet des facteurs déclencheurs fréquents des crises douloureuses.
Pour limiter les risques, plusieurs précautions sont recommandées. A savoir, bien protéger les extrémités du corps avec des vêtements chauds mais amples, éviter de conserver des habits mouillés après une averse et se prémunir contre les chocs thermiques. Il est également conseillé de couvrir le nez et la bouche lors des déplacements matinaux ou nocturnes afin de respirer un air moins froid.
Face à l’ampleur de cette maladie, la Côte d’Ivoire renforce progressivement son dispositif de prise en charge. Le 25 juillet 2024, le premier centre d’excellence dédié au traitement de la drépanocytose a été inauguré à Abidjan. Portée par la compagnie pharmaceutique Novartis, en partenariat avec le Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire, cette initiative marque une avancée importante dans la lutte contre cette pathologie.
Installé au sein du Centre de santé mixte Millionnaire de Yopougon, ce nouvel établissement ambitionne d’offrir des soins spécialisés aux patients tout en développant la recherche afin d’améliorer les options thérapeutiques.
La drépanocytose, également appelée anémie falciforme, demeure l’une des maladies génétiques les plus répandues dans le monde, avec environ 300 000 naissances concernées chaque année. Cette affection héréditaire touche les globules rouges à travers une anomalie de l’hémoglobine, la principale protéine chargée du transport de l’oxygène dans le sang.
Les manifestations de la maladie varient selon l’âge et la gravité des cas. L’anémie constitue souvent le premier signe observable, se traduisant par une grande fatigue, une pâleur persistante et parfois une jaunisse accompagnée de douleurs intenses.
Sur le plan médical, l’anémie chronique liée à la drépanocytose est provoquée par les polymères d’hémoglobine S, qui fragilisent les globules rouges et accélèrent leur destruction, un phénomène appelé hémolyse. Cette situation peut s’aggraver brutalement lorsque la rate détruit de manière excessive les cellules sanguines anormales.
Chaque 19 juin, la Journée mondiale de la drépanocytose rappelle l’urgence de renforcer la sensibilisation et la prévention autour de cette maladie, considérée comme un véritable enjeu de santé publique en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays africains.
Par Solange KANGAH (Stagiaire)