Côte d’Ivoire :  Pour que les « champions nationaux » portent l’économie

À Abidjan, elles sont des milliers à participer chaque jour à la fabrication de produits cosmétiques à base de beurre de karité. Dans la zone industrielle de Yopougon, l’entreprise Kaera illustre l’émergence d’une nouvelle génération de sociétés ivoiriennes.

Créée à la fin des années 2000 dans un simple appartement, la marque compte aujourd’hui 600 employés et exporte ses produits dans une trentaine de pays, en Afrique de l’Ouest, mais aussi à Paris et à Dubaï. Comme Kaera, d’autres entreprises ivoiriennes ambitionnent de devenir des références régionales. C’est le cas de la fintech Djamo, qui propose des services financiers numériques et revendique déjà deux millions d’utilisateurs, ou encore de Petro Ivoire dans la distribution de carburants.

Ces entreprises sont au cœur de la stratégie des autorités ivoiriennes : faire émerger des « champions nationaux » capables de stimuler l’économie, d’accompagner les PME et de créer davantage de valeur localement. Après une décennie marquée par une crise politico-militaire, la Côte d’Ivoire a retrouvé la stabilité et affiche depuis plusieurs années une croissance supérieure à 6 %. Une dynamique qui attire les investisseurs.

En juillet, le pays a obtenu plus de 80 milliards de dollars d’engagements internationaux pour financer son Plan national de développement 2026-2030. Le secteur privé devrait également mobiliser près de 150 milliards de dollars supplémentaires. Objectif affiché : faire entrer la Côte d’Ivoire dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.

Mais plusieurs défis restent à relever. Les entrepreneurs réclament notamment une accélération de la digitalisation de l’économie, une réduction des lourdeurs administratives et une meilleure intégration régionale grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine.

Avec ses ressources énergétiques, son secteur privé en croissance et ses entreprises locales en expansion, la Côte d’Ivoire veut désormais franchir une nouvelle étape : passer d’une économie en croissance à une économie davantage portée par ses propres champions.

Source : africanews