
Le paysage industriel ivoirien poursuit sa recomposition. Réuni le 4 mars 2026, le Conseil des ministres a validé un décret autorisant la cession de la participation de 15 % détenue par l’État de Côte d’Ivoire dans Industrial Promotion Services West Africa (IPS WA) au conglomérat Optimus Holding, propriété de l’homme d’affaires ivoiro-malien Sidi Mohamed Kagnassi.
Selon des informations rapportées par Sikafinance, cette décision officialise une opération stratégique inscrite dans le processus de désinvestissement engagé en 2024 par IPS WA afin de réorganiser son portefeuille d’activités en Afrique de l’Ouest.
Pour le groupe Optimus, l’opération marque l’aboutissement de plusieurs mois de négociations avec le réseau industriel du groupe Aga Khan. Le conglomérat dirigé par Sidi Mohamed Kagnassi cherche depuis la fin de l’année 2025 à renforcer sa présence dans certains segments industriels clés, notamment les chaînes de valeur agricoles et le négoce spécialisé.
Dans ce cadre, le groupe est notamment parvenu à sécuriser l’acquisition de deux actifs importants d’IPS WA. Il s’agit de Chimtec, spécialisée dans le négoce de produits chimiques en Afrique, et de Ivoire Coton, entreprise opérant dans la transformation et la commercialisation du coton graine dans le nord-ouest ivoirien.
Du côté des autorités ivoiriennes, cette cession s’inscrit dans une stratégie de rationalisation des participations publiques. Le gouvernement entérine ainsi la vente de la totalité des parts détenues par l’État dans IPS WA, soit 15 % du capital, conformément à la législation encadrant la privatisation des actifs publics.
Historiquement, IPS occupe depuis plusieurs décennies une place singulière dans l’écosystème industriel régional. L’institution appartient au Aga Khan Development Network (AKDN), un réseau international de développement fondé par Karim Aga Khan IV. Ce groupe déploie des investissements dans plusieurs secteurs structurants de l’économie africaine, notamment l’agro-industrie, les infrastructures, l’énergie et le négoce.
Dans ce contexte, la cession partielle de certaines filiales et l’entrée du groupe Optimus dans le capital d’IPS West Africa traduisent une évolution des alliances industrielles dans la région. À l’heure où les chaînes de valeur africaines se transforment, les groupes privés locaux cherchent de plus en plus à se positionner sur des actifs stratégiques du continent.
Source : Sikafinance