
La relation commerciale entre la Côte d’Ivoire et le Brésil connaît un coup d’arrêt. Le ministère brésilien de l’Agriculture et de l’Élevage a annoncé, le 23 février, la suspension jusqu’à nouvel ordre des importations de fèves et de produits dérivés du cacao en provenance de Côte d’Ivoire.
À l’origine de cette décision : des préoccupations phytosanitaires liées aux flux régionaux de cacao en Afrique de l’Ouest.
Une question de conformité sanitaire
Selon les autorités brésiliennes, l’importance des flux de fèves en provenance de pays voisins vers le territoire ivoirien pourrait favoriser des mélanges d’amandes dans les cargaisons destinées à l’exportation. Une situation qui soulève des interrogations sur la conformité du statut phytosanitaire des produits expédiés.
Brasilia exige désormais une manifestation formelle des autorités ivoiriennes, accompagnée de garanties attestant que les envois vers le Brésil ne contiennent pas d’amandes issues de pays dont le statut phytosanitaire ne répond pas aux standards requis.
Des procédures de vérification renforcées ont également été annoncées afin d’identifier d’éventuels cas de triangulation d’amandes fermentées et sèches.
Au-delà d’une mesure technique, un enjeu stratégique
Cette suspension intervient dans un contexte particulier : la Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cacao et un acteur central du marché international.
Plus qu’un différend commercial ponctuel, la décision brésilienne remet au cœur du débat une question structurante : la traçabilité des fèves et le contrôle des flux transfrontaliers dans la sous-région.
À l’heure où les marchés internationaux exigent davantage de transparence, de conformité sanitaire et de rigueur logistique, la maîtrise des chaînes d’approvisionnement devient un levier stratégique majeur pour préserver la crédibilité et la compétitivité du cacao ivoirien.
Claire Bin