LET’S ECO : L’investissement en bourse, savoir risquer l’enrichissement

« Investir en bourse ». « Acheter des actions » … Ces expressions, longtemps réservées au vocabulaire des professionnels de la finance, commencent désormais à se vulgariser. Ces dernières années, il n’est pas rare d’entendre des fonctionnaires, des entrepreneurs ou des opérateurs économiques débutants en discuter. Pendant longtemps, la mémoire collective a laissé croire que la bourse était exclusivement réservée à une élite privilégiée. Pourtant, cette idée est aujourd’hui largement dépassée.

La bourse est un lieu d’échange où s’effectuent des achats et ventes de titres financiers. Investir en bourse consiste à acquérir des actions, obligations ou autres produits pour faire fructifier son capital. Ce domaine, à la fois complexe et captivant, mêle finance, économie et stratégie, et exige une bonne compréhension des marchés, des acteurs et des variations de cours avant de s’y lancer.

Moteur de croissance et d’émancipation économique

Investir en bourse, c’est miser sur la croissance et participer au développement économique. Contrairement aux comptes d’épargne peu rémunérateurs, les placements en actions ou obligations offrent de meilleurs rendements à long terme et permettent de valoriser son patrimoine. Chaque investissement contribue à financer des entreprises qui innovent, créent des emplois et dynamisent l’économie. Avec le numérique, l’accès aux marchés financiers devient plus simple, faisant de l’éducation financière un enjeu majeur. L’exemple du Salon de l’Épargne, de l’Investissement et du Patrimoine, organisé à Abidjan en septembre dernier, en est une belle illustration. Experts, étudiants et entrepreneurs y ont échangé autour d’une même ambition, celle de rendre la culture financière accessible à tous.

Comprendre, se former et investir en toute confiance

Investir en bourse requiert le respect de certaines étapes fondamentales. L’ouverture d’un compte-titres ou d’un portefeuille FCP auprès d’une institution agréée est indispensable. Il faut définir un capital de départ adapté à ses objectifs et d’identifier son profil d’investisseur : prudent, équilibré ou dynamique. Enfin, se former ou se faire accompagner par des professionnels permet de réduire les risques et d’investir en toute confiance. La Côte d’Ivoire compte d’ailleurs de nombreux experts dans ce domaine.

Issac Camara, Directeur commercial et marketing de BNI Gestion, explique que la bourse offre plusieurs types de placements selon le profil de l’investisseur. Les actions donnent accès au capital d’une entreprise et offrent un potentiel de gain élevé, mais comportent davantage de risques. Les obligations représentent des prêts consentis à des entreprises ou à des États et procurent des rendements plus stables. Enfin, les fonds communs de placement (FCP) permettent d’investir collectivement dans un portefeuille diversifié, limitant ainsi les risques. Comprendre ces produits est essentiel pour bien orienter sa stratégie d’investissement.

Il saisit l’occasion pour apporter quelques précisions. L’investissement direct consiste à acheter des actions ou des obligations au nom du client, qui gère lui-même sa sélection. Le placement collectif, quant à lui, repose sur la mutualisation de l’épargne dans un fonds géré par des professionnels, idéal pour diversifier ses placements sans disposer de compétences techniques particulières.

Le rôle de la banque et donc indéniable dans l’investissement en bourse. Évoquant notamment le cas de son institution, Issac Camara précise que deux filiales spécialisées (l’une en investissement, l’autre en gestion) accompagnent les clients à travers diverses actions. Elles proposent des conseils personnalisés et des produits adaptés au profil de chaque investisseur, facilitent l’accès à la formation et à l’information financière, et mettent à disposition des outils de gestion tels que des plateformes et des rapports détaillés.

Entre risques, stratégies et fortunes bâties

Investir en bourse permet de créer un potentiel de rendement supérieur à moyen et long terme. La diversification est possible grâce à un large choix de titres et de fonds, ainsi qu’à la possibilité de générer des revenus (dividendes, coupons) et des plus-values. Toutefois, il est important de préciser que cette forme d’investissement comporte un risque de perte en capital. La valorisation des titres peut en effet diminuer, et la volatilité des marchés peut influencer le rendement, surtout à court terme. Il existe également un risque lié au choix des titres et à la conjoncture économique.

En se prononçant sur la rentabilité de la bourse, Issac Camara souligne : « La bourse peut être rentable, mais elle nécessite de la patience, une bonne gestion du risque et un accompagnement professionnel. Les performances ne sont pas garanties, surtout à court terme. »

Sur le continent africain, plusieurs investisseurs ont su tirer parti des marchés financiers. Le Sud-Africain Patrice Motsepe a développé et valorisé son entreprise, African Rainbow Minerals, grâce aux marchés financiers sud-africains. Le Nigérian Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a introduit plusieurs de ses entreprises en bourse, notamment Dangote Cement et Dangote Sugar, sur la Nigerian Stock Exchange (NSE). Ces cotations ont multiplié la valeur de ses sociétés et contribué à l’augmentation de sa fortune personnelle à plusieurs milliards de dollars. L’Ivoirien Jean Kacou Diagou, fondateur du groupe NSIA, actif dans la banque, l’assurance et la finance, a bâti un véritable empire financier présent en Afrique de l’Ouest et du Centre. Son succès repose sur la maîtrise des mécanismes bancaires et financiers, accompagnée d’une stratégie d’investissement diversifiée.

Par Serge EKRA